Les débuts de l’Islam, que nous dit l’archéologie ?

Sobhi Bouderbala

Samedis 14 mai de 9h à 12h et 21 mai 2022  reporté au vendredi 17 juin 2022 de 14h à 17h

 

 

 

 

 

 

 


feuillet de coran palimpseste provenant d’Egypte, début VIIIe siècle

 

L’histoire de la formation de l’Islam (VIIe siècle) connaît depuis quelques décennies un renouveau spectaculaire, grâce notamment aux découvertes archéologiques et documentaires dans la péninsule Arabique et le Proche-Orient (Syrie-Palestine et Égypte en particulier). Loin de l’image d’une période d’Ignorance (véhiculée par la tradition musulmane) qui aurait précédé la révélation à Muhammad, le berceau de l’Islam se révèle une région perméable et connectée aux différents courants monothéistes présents dans le Proche-Orient aux VIe-VIIe siècles, dominé essentiellement par les empires romain et sassanide. Ceci explique mieux la nature du mouvement lancé par Muhammad et ses compagnons depuis La Mecque, puis Médine, ainsi que l’identité des récepteurs du texte coranique, lui aussi en plein chantier épistémologique.

Par ailleurs, l’exploitation de plus en plus soutenue de documents de première main provenant des premières décennies du règne islamique dans la région (monnaie d’or et d’argent, papyrus, inscriptions et codex coraniques) permet à l’historien d’analyser la naissance d’une État impérial dirigé par le commandeur des croyants et dont l’idéologie est l’unicité de Dieu et la prophétie de Muhammad. Ces documents posent la question complexe de la nature de ce nouveau pouvoir de droit divin et des rapports qu’il entretenaient avec les populations conquises, notamment les chrétiens.

 

Bibliographie

Mohammed Ali Amir-Moezzi, Guillaume Dye (éd.), Le Coran des historiens, 3 vols., éditions du Cerf, Paris, 2019.

François Déroche, Le Coran : une histoire plurielle. Essai sur la formation du texte coranique, Seuil, Paris, 2019.

Jean Gascou, « de Byzance à l’Islam : les impôts en Égypte après la conquête arabe », Journal of the Economic and Social History of the Orient 26/1 (1983), p. 97-109 

Robert Hoyland, « New documentary texts and the early Islamic state », Bulletin of School of Oriental and African Studies 69/3 (2006), p. 395–416 :

Robert Hoyland, “The Earliest Attestation of the Dhimma of God and His Messenger and the Rediscovery of P. Nessana 77 (60s ah/680 ce)”, dans Robert Hoyland, Hannah Cotton (éd.), Islamic Cultures, Islamic ContextEssays in Honor of Professor Patricia Crone, Brill, Leiden, 2015, p. 51-71.

Frédéric Imbert, « L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 129 (2011), p. 57-78 :

Jeremy Johns, « Archaeology and the History of Early Islam: The First Seventy Years », Journal of the Economic and Social History of the Orient 46/4 (2003), p. 411-436.

Morrisson Cécile, Prigent Vivien, « L’empereur et le calife (690-695). Réflexions à propos des monnayages de Justinien II et d’Abd al-Malik », Topoi. Orient-Occident. Supplément 12 (2013), p. 571-592.

Christian-Julien Robin, Salim Ṭayran, « Soixante-dix ans avant l’islam : l’Arabie toute entière dominée par un roi chrétien », Comptes-rendus de l’Académie des inscriptions 2012, p. 525-553.

Jérémie Schiettecatte, Christian-Julien Robin (éd.), L’Arabie à la veille de l’Islam : bilan clinique, De Broccard, Paris, 2009.

Crédit : 1

Coût : 50 euros

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